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Rédaction: Andrée Debauche, Diane Decamps et Claude Davister – Michel Flahaut (CHERCHA)

Une promenade par semaine

Dans le numéro 46 de la Feuille de Chou vert, nous invitions les Chastroises et les Chastrois à découvrir leurs 7 villages pendant l’été 2020, un été où nous aurons sans doute le temps de nous pencher sur notre patrimoine naturel, historique, humain, agricole et gastronomique.

Interview sur CanalZoom (juillet 2020),  → ici

PROMENADE À LA DÉCOUVERTE DE BLANMONT

Nous vous proposons la sixième balade de l’été dès ce 9 août, consacrée à Blanmont. Un plan, une description de l’itinéraire et divers points d’attention vous sont proposés, au rythme de votre périple à pied ou à vélo. Etant donné les circonstances sanitaires, nous présentons ces itinéraires comme des circuits à parcourir seul.e ou en famille, ou avec des amis. Dès que ce sera possible, des guides pourront emmener des groupes, patience !
Dès à présent, ces promenades vous appartiennent, vous pouvez vous les approprier comme bon vous semble, les diviser en plusieurs parties, les enchaîner, « zapper » un endroit qui vous intéresse moins ou adapter le circuit à vos possibilités.

Télécharger l’itinéraire N° 6 commenté avec points d’attention, ici : → pdf

( Blanmont – 11 pages, avec photos, explications historiques (CHERCHA) )

Télécharger le tracé N°6 – Blanmont  itinéraire uniquement (jpg) : →     ici

Les numéros indiquent des repères de la promenade et renvoient aux points d’intérêt décrits.


Page de présentation générale7 Promenades à la découverte des 7 villages de Chastre – été 2020

Disponibles également: les promenades du mois de juillet:

Itinéraire promenade N°5 : Saint-Gery-Gentinnes (et M. Kongolo) : lien → PDF
Itinéraire promenade N°4 : Villeroux : lien → PDF
( Itinéraire promenade N°3 : Cortil : lien PDF )
( Itinéraire promenade N°2 : Noirmont : lien PDF )
( Itinéraire promenade N°1 : Chastre-Village : lien PDF )

La plupart des itinéraires sont d’accès facile, mais certains tronçons en zones humides peuvent être plus compliqués pour des poussettes ou des vélos, notamment en fonction de la météo. De même, certains sentiers peuvent s’avérer étroits pour l’accès aux PMR. Un écart par rapport à l’itinéraire décrit est toujours possible sans trop allonger la promenade.

Après votre promenade, prenez contact avec nous (*) pour nous dire ce que vous en pensez. Non seulement, cela nous fera plaisir, mais cela nous permettra de les améliorer, de corriger certains défauts ou d’y ajouter de nouveaux éléments. Toute critique formulée aimablement est également bienvenue !
Nous vous souhaitons beau temps, belle compagnie et bon vent pour ces promenades de l’été à la découverte du magnifique patrimoine de notre commune.

Andrée, Claude, Diane, Michel

(*)  info@chastre.ecolo.be , ou commentaire au bas de cette page


  • Parcours

    • Départ :  maison communale de Chastre, avenue du Castillon 71
    • Longueur :11 km pour le parcours long. Raccourcis : parcours total de 5 km (boucle A) ou 7 km (boucle B) décrits au bas de l’itinéraire.
    • Difficulté – PMR: le sentier à emprunter après le Moulin Al Poudre n’est pas praticable pour vélo et PMR. On l’évite via la rue de Bau. La déviation est décrite dans le texte.
    • Stationnement : le parking de la maison communale offre un stationnement pour voitures et vélos

 

  • Points d’attention

    • 1. Maison communale ou « Ferme Rose »
    • 2. Moulin de Godeupont (Chastre)
    • 3. Le sentier du Marais
    • 4. Le château de Blanmont
    • 5. Le parc du château de Blanmont
    • 6. La route des carrières
    • 7. Le Moulin al Poudre (Hévillers)
    • 8. La « Maison Namèche », rue de Bau
    • 9. L’ancien « Green Center », aujourd’hui centre « Les Renardeaux »
    • 10. La Tour d’Alvaux ou des Sarrasins (Nil-Pierreux)

 

  • Rencontre avec Agnès Hamande-Glibert, de Blanmont, une femme engagée et très investie dans son village


À LA DÉCOUVERTE DE BLANMONT

Les numéros indiquent des repères de la promenade et renvoient aux points d’intérêt décrits.

LE PARCOURS

Sortir de la maison communale (1) par le porche ouest, inscrit dans une aile d’anciennes étables sous fenil. Prendre la drève de tilleuls des Prisonniers de Guerre le long du pré communal (au fond duquel des arbres remarquables – chêne et charme – ombragent une mare), puis prendre à droite le sentier du Bois. Quelques vieux arbres tourmentés bordent la prairie de droite. On voit aussi onduler l’Orne et plus loin, le travail des castors. Un panneau indique la replantation de la « forêt de demain », un mélange d’essences forestières adaptées aux conditions locales physiques et biologiques.

Domaine communal : hôtel à insectes. Sentier du Bois : panneau explicatif de la « forêt de demain »

Au bout du sentier du Bois, on prend à droite sous le pont du chemin de fer puis directement à gauche avant le pont sur l’Orne et le moulin de Godeupont (2) (on peut voir de celui-ci la roue et le bief). C’est le sentier du Marais (3). Il monte vers le chemin de fer et redescend le long du mur d’enceinte du parc du château de Blanmont. Le mur a été édifié avec des moellons de quartzite extrait localement, la « pierre de Blanmont ».
Arrivé à l’Orne, on aperçoit à gauche depuis le pont, un marais d’intérêt biologique dans le parc du château. Le parc compte des arbres remarquables : hêtres, chênes, châtaigniers (4).

Au bout du sentier, on prend à gauche vers le château de Blanmont (5), que l’on longe et on arrive à la gare.

Tour-porche du château de Blanmont (17e s.) et hêtre pourpre du parc

Sans traverser le passage à niveau, prendre à droite le chemin du Moulin al Poudre ou route des Carrières (6) (empierrement herbeux) qui longe le chemin de fer, pour aboutir au site du Moulin al Poudre et de l’étang qui le borde (7). Dans une prairie à droite, les lents méandres de l’Orne. Son tracé n’a heureusement pas été rectifié. On ira admirer à gauche, par une route pavée, les volumes harmonieux de l’ancien moulin.

 

Vue partielle du Moulin al Poudre. Le portail d’entrée. En prolongement du corps de logis, l’aile de l’ancien moulin.

 

Pour les PMR et les cyclistes, depuis le Moulin, rebrousser chemin jusqu’au-dessus de la route pavée et prendre directement à droite la rue de Bau. Reprendre le descriptif plus loin à partir de Prendre à gauche la rue de Nil.

Pour les autres promeneurs, prendre le sentier à droite, au niveau des bâtiments du Moulin. Le sol est parsemé de roches qui affleurent et rendent la marche inconfortable. Le sentier finit en courte pente raide. Devant soi, l’ancien atelier de céramique industriel de l’Artisan belge Roger Carrier (Abeceram), créé en 1972, devenu maison familiale. Plus bas à gauche, le confluent de l’Orne et du Nil.
Remonter le chemin sur la droite, et prendre la rue des Montagnes. On admire à gauche le superbe atelier de vitraux d’art de Rita et Bernard Debongnie. Puis la rue passe au-dessus de l’assiette d’un ancien chemin de fer industriel privé (6). Une vue plongeante à ne pas manquer. On arrive rue de Bau, avec quelques maisons d’allure patricienne, dont la « maison Namèche » (8).

 

L’atelier de vitraux d’art Debongnie, rue des Montagnes

 


La « maison Namèche », rue de Bau

Prendre à gauche la rue de Nil. Ensuite à gauche la rue aux Fraises – puis chemin aux Fraises – qui longe l’ancien « Green Center » devenu un centre résidentiel privé pour adultes atteints de déficiences mentales légères à profondes, « les Renardeaux » (9).
Le sentier longe à gauche l’ancienne carrière de quartzite des Molignias, sous eau, profonde d’une dizaine de mètres. Le cours d’eau voisin est le Nil
Continuer tout droit, Un chêne domine le paysage sur la gauche. On aboutit à un point de vue d’intérêt paysager, vue sur le val d’Alvaux et les champs vers Mont-St-Guibert. Au croisement, on descend à gauche la rue d’Alvaux (Nil-Pierreux).
Au point bas de la rue, on passe devant les anciens moulin et ferme d’Alvaux (10), et on emprunte à droite, le sentier appelé Scavées du Sart qui longe un camping résidentiel dans lequel se trouve la tour d’Alvaux (11).

 

 

Chêne majestueux dominant le paysage au dessus du Val d’Alvaux. La tour d’Alvaux

 

On suit l’Orne et à la première bifurcation, on prend à gauche. Le sentier descend et se divise en deux branches qui se rejoignent plus loin. Celle de droite est plus confortable. Celle de gauche rejoint la rive de l’Orne. Le site est riche en biodiversité. Nous passons à proximité d’un lieu d’hébergement d’un chemin vers Compostelle, indiqué par une coquille Saint-Jacques symbolique

 

 

Arrivé à la petite rue d’Alvaux, on tourne à gauche, on passe le pont, puis on s’engage à gauche et à moins de 200 mètres, on prend à droite le premier sentier qui monte le long de la « Colline de Penuel » (12). On aperçoit sur la gauche un ancien pré de fauche.
Au sommet sur la gauche, un chêne remarquable veille sur deux chemins. Ignorer celui des deux qui descend sur la gauche vers la nouvelle station d’épuration et laisser le pont du chemin de fer sur la droite. Prendre tout droit le sentier – prolongement la rue du Gros Chêne – qui descend vers le Moulin al Poudre.
À l’arrière du domaine du Moulin al Poudre, deux arbres tricentenaires : un hêtre pourpre et un cornouiller mâle, ce dernier magnifique au début du printemps quand il fleurit. Ramure tourmentée impressionnante.

 

Un « gros chêne » qui a donné son nom à une rue. Cornouiller mâle remarquable au Moulin al Poudre

On prend à gauche, on retrouve le Moulin et ses dépendances, on remonte et on prend tout droit, le sentier de la Fesse. On aboutit alors dans la rue de l’Église, on tourne à droite et on se dirige vers l’église. À remarquer juste avant à gauche au carrefour, dans la rue de la Féchère, deux maisons privées et leur style particulier. L’une est la « villa Bauer » (13).

On jette un coup d’œil à l’église Saint-Martin (1861), point remarquable avec son tilleul. Ne pas manquer le pignon de la maison qui jouxte le parking, fait de moellons de quartzite, et l’annexe de la cure (en face de l’église), solidement construite avec la même « pierre de Blanmont ». Les deux bâtisses sont du 18e s.
On tourne à gauche, dans la rue des Combattants, devant l’école de Blanmont, puis à gauche, le chemin vers l’Espace 2000, puis à droite, vers le chemin qui ramène à la route Provinciale.

Se diriger à droite puis traverser et, à gauche, remonter le chemin bétonné vers le cimetière de Blanmont. Monument funéraire curieux : un cadran solaire axé sur une durée de 24 heures.

 

Villa Bauer, rue de la Féchère. Monument funéraire avec cadran solaire pour 24 heures.

On continue jusqu’à l’Arbre de Blanmont (14), un tilleul historique qui surplombe le point de vue sur le paysage, puis on tourne à droite, on redescend le chemin, on passe devant une nouvelle haie vive, plantée avec les subsides de la Région wallonne. On tourne ensuite à droite et on descend la rue pavée Almez qui longe le ruisseau du même nom.

Redescendre ensuite à gauche, vers le Delhaize, passer devant la maison de repos Les Sittelles, tourner à droite sous le pont du chemin de fer, puis prendre à droite l’avenue du Castillon pour retrouver la maison communale.

RACCOURCIS

Boucle A : au bout de la rue de Bau, prendre à gauche et traverser la rue. Au passage pour piétons, on se trouve face à un sentier qui mène à la place de la Féchère. La traverser et au bout, à droite, un petit pont enjambe le Ry des Lovières, et un sentier mène à la salle communale Espace 2000.
Le suivre et bifurquer à gauche pour emprunter un sentier entre haie, prairies et jardins. Au bout, tourner à droite, dans la route Provinciale, puis à hauteur de la rue de la Fontaine, descendre celle-ci, passer devant le moulin de Godeupont (2), prendre à gauche, la rue des Trois Ruisseaux, et la suivre jusqu’au magasin Delhaize. De là, on passe sous le pont du chemin de fer, et à droite, on rejoint la rue du Castillon et la maison communale. Le parcours ne dépasse pas 5 km au total.
Boucle B : au bout de la rue de Bau, prendre à gauche et traverser la rue au passage pour piétons. On se trouve face au sentier qui mène à la place de la Féchère. La traverser et au bout, à droite, petit pont enjambe le Ry des Lovières, Prendre le sentier qui mène à la salle Espace 2000. Le suivre et bifurquer à gauche pour emprunter un sentier entre haie, prairies et jardins. Au bout, tourner à droite, dans la route Provinciale, traverser et prendre le chemin bétonné de gauche, qui remonte le long du cimetière de Blanmont.
On remonte vers l’Arbre de Blanmont (14) (histoire et intérêt paysager), puis on tourne à droite, on redescend le chemin, on passe devant une nouvelle haie vive, plantée avec le soutien de la Région wallonne, puis on tourne à droite, on descend la rue pavée qui longe le ruisseau d’Almez. À son extrémité à gauche, on descend vers le Delhaize, on passe devant la maison de repos les Sittelles, on tourne à droite sous le pont du chemin de fer, puis à droite vers l’avenue du Castillon et la maison communale. Le total du parcours atteint environ 7 km.

POINTS D’ATTENTION

1. Maison communale ou « Ferme Rose »

Le site de la Ferme Rose (bâtiments actuels des 17e et 18e s.), exploitation agricole jusqu’en 1963, aujourd’hui maison communale, était le siège de l’ancienne seigneurie de Chastre, d’où son nom de château de Chastre jusqu’au 20e s.
Le bâtiment isolé, construit en pierre « de Blanmont » (quartzite), situé à l’angle nord du quadrilatère actuel, est la tour de Chastre ou donjon, cité sous ces noms au Moyen Âge (1428). Il est l’ancien château seigneurial du site et sans doute le deuxième bâtiment le plus ancien de la commune après la tour « des Sarrasins » de Saint-Géry (13e s.). La tour a succédé à une maison forte en bois proche du Vieux cimetière de Chastre, construite sur une élévation artificielle de terre (une motte, 11e s.), rasée en 1971. La Ferme Rose et ses abords sont classés.
L’appellation contemporaine (1977) de Castillon doit être écartée : elle résulte d’une confusion fâcheuse avec le (vrai) Castillon de Villeroux (actuelle ferme Hamiet), ancien siège seigneurial lui aussi, portant ce nom sans discontinuer depuis 1554 (au moins).

2. Moulin de Godeupont (Chastre)

Godeupont est le nom d’un hameau, issu d’un ancien nom de personne signifiant « le pont de Gondulf » (11e s.). Avec son moulin banal cité dès les 11e et 12e siècles en lien avec l’abbaye de Gembloux, il était une ancienne enclave de la seigneurie de Walhain dans celle de Chastre. Toutefois, les limites territoriales des seigneuries n’ont jamais coïncidé parfaitement avec celle des paroisses et en l’occurrence, le hameau de Godeupont était du ressort de la paroisse de Chastre-Dame-Alerne. Il reviendra au village éponyme en 1795.
Les bâtiments actuels datent de la deuxième moitié du 19e s. La roue est toujours en place mais dépourvue de ses augets en bois. Les anciennes meules sont devenues des objets de décor spectaculaires dans une pièce de vie du moulin converti en maison d’habitation.
L’environnement naturel, préservé par les propriétaires, est particulièrement riche en espèces végétales et animales, en particulier d’oiseaux.

3. Le sentier du Marais

Le sentier du Marais ? Étant gosses, nous allions jouer des journées entières dans toute la prairie qui longe l’Orne. Dans les creux, c’est très « marais », rapporte en 1984 le Blanmontois d’origine Henri Calomne, 72 ans. Il habitait la maison d’en face et désignait la rive droite de l’Orne, aujourd’hui construite, entre la rue et la rivière.
Le sentier s’appelait des Marais vers 1855. Entre le moulin de Godeupont et le parc du château de Blanmont, l’Orne présentait nombreux méandres, aujourd’hui rectifiés. Un étang de 10 ares de forme allongée dans un axe nord-sud existait entre les actuelles rue de la Fontaine et des Combattants. C’était aussi l’époque ou l’eau de la fontaine de cette dernière rue coulait librement le long des chemins vers le parc du château où elle alimentait un des étangs. Actuellement, cette fontaine est presque un goutte-à-goutte.

4. Le château de Blanmont

L’architecture du château s’apparente à celle des grosses fermes brabançonnes. Avant la disparition d’une bonne partie des bâtiments d’exploitation, l’ensemble s’articulait autour d’une cour fermée, comparable à celle de la Ferme Rose (maison communale), à Chastre.
Il subsiste une magnifique tour-porche entre deux ailes de dépendances du début du 18e s. mais dont les percements sont modernes (19e, 20e s.), et un important corps de logis du 17e s., largement remanié au 19e s.
Le château est un ancien siège seigneurial. La seigneurie de Blanmont appartenait depuis le début du 17e s. à une famille de Kessel, de lointaine origine hollandaise, devenue bruxelloise, qui la conservera jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Le dernier titulaire de la seigneurie vendra château et domaine et quittera la Belgique. Les armoiries de sa famille sont devenues partiellement celles de la commune de Chastre.

5. Le parc du château de Blanmont

Le domaine du château de Blanmont a été aménagé comme parc en 1895 par l’architecte paysagiste Edmond Galoppin (1851-1919). Celui-ci sera notamment le créateur du parc d’Egmont à Bruxelles (1901) et du parc Josaphat à Schaerbeek (1904).
Edmond Galoppin a travaillé dans le style « paysager », utilisant en douceur les atouts du terrain existant. À Blanmont, il a remplacé plusieurs étangs fonctionnels par un plus grand d’allure naturelle qui suivra les courbes de niveau. Il dessinera un circuit d’allées en tracé courbe avec passage par un petit pont romantique posé sur un bras du nouvel étang.
En 2002, des arbres plantés à cette époque étaient qualifiés de remarquables par la Région wallonne, par leur hauteur (jusqu’à 40 m), la circonférence de leur tronc et leur intérêt paysager : hêtres pourpres et pleureur, châtaigniers communs et chêne pédonculé.

6. La route des carrières

La « route des carrières » est l’assiette d’un chemin de fer industriel privé créé en 1878. Il était destiné à amener le produit des carrières de quartzite des Molignias (Blanmont) et des Trois-Fontaines (Nil-Pierreux) vers la ligne de chemin de fer Bruxelles-Namur, précisément à une « halte » située entre le château de Blanmont et le moulin de Godeupont. La gare de Blanmont n’existait pas encore.
Il n’est pas exclu que la carrière communale et deux carrières privées exploitées alors au lieu-dit « Les Montagnes » à Blanmont aient pu également bénéficier de cette ligne. Celle-ci sera toutefois abandonnée moins de dix ans après sa mise en route, ainsi que les deux carrières qu’elle devait desservir initialement.
La création de la ligne avait demandé des travaux de terrassement et de génie civil considérables. Ainsi, la préservation du tracé de l’actuelle rue des Montagnes avait nécessité la création d’un pont monumental – toujours présent – au-dessus de la voie.

7. Le Moulin al Poudre (Hévillers)

L’ancien moulin à eau al Poudre (ou à Poudre) est situé sous Hévillers, mais son grand étang de retenue fait partie du territoire de Blanmont. Il apparaît sous son nom actuel en 1787 au plus tard. C’est alors un ancien moulin à huile (stordoir) converti à la réduction en poudre d’écorces de chêne, poudre destinée aux tanneries de Wavre. Une légende absurde mais tenace attribue fâcheusement son nom à un dépôt de munitions qu’y aurait installé Napoléon avant la bataille de Waterloo. Pourquoi pas Jules César avant la guerre des Gaules.
Comme le moulin de Godeupont, celui-ci fait partie du chapelet de moulins égrenés le long de l’Orne. Le stordoir est documenté depuis 1698, le moulin est représenté cartographiquement en 1771-1778 mais ses bâtiments actuels sont des 19e et 20e s., malgré la pierre de réemploi millésimée « 1608 » ajoutée à la façade du corps de logis et le même millésime peint sur le portail.
À droite et dans l’axe du corps de logis, le bâtiment au soubassement creusé d’une arche sur la rivière était peut-être le lieu de l’ancien moulin. Le bâtiment de quatre niveaux situé à gauche du porche d’accès du domaine est l’ancien moulin du 19e s. Il a gardé son gabarit mais a été complètement remanié au 20e s. Une tour sur plan carré coiffée d’un toit pyramidal lui a été ajoutée dans les années 1990.
L’ensemble a été converti en appartements et salles de réception.

8. La « Maison Namèche », rue de Bau

Au numéro 18 de la rue de Bau, la grande demeure d’allure patricienne de deux niveaux et cinq travées a été construite en 1893 pour Louis Namèche, diplômé de l’Institut agricole de Gembloux, brasseur au moulin al Poudre depuis au moins 1876, époux d’Émilie de Francquen.
Louis Namèche, né à Chastre en 1848, est un fils d’Alexandre, époux de Laure Holvoet, propriétaire terrien, cultivateur, fabricant de sucre, exploitant de carrières de quartzite à Blanmont et Nil-Saint-Vincent, propriétaire du château de Blanmont.

9. L’ancien « Green Center », aujourd’hui centre « Les Renardeaux »

Le domaine encore connu sous son ancien nom de « Green Center » est l’ancien site d’exploitation des carrières des Molignias, abandonnées en 1885 et devenu lieu pittoresque de promenade et de canotage.
En 1923, une Station sanatoriale de l’Œuvre des tuberculeux de la guerre s’y installe, transformée après 1945 en Centre de triage et d’hospitalisation pour tuberculeux pulmonaires. Le site est racheté dans les années 1970 par la CGER, qui rase les bâtiments existants et y construit un centre de séminaires et de mises au vert.
La destinée du domaine suivra celle de la banque jusqu’à sa vente à une société immobilière vers 2016. Sous la houlette de cette société, le domaine est devenu un centre résidentiel privé pour adultes atteints de déficiences mentales légères à profondes.

10. La Tour d’Alvaux ou des Sarrasins (Nil-Pierreux)

La tour d’Alvaux – bâtiment classé (1989) –, datant de 1200-1215 environ, est une demeure familiale fortifiée de plaine, autrefois cernée de douves alimentées par l’Orne. Construite avec du quartzite local (la « pierre de Blanmont ») sauf pour les chaînages d’angle et les encadrements des baies, elle comporte cinq niveaux, dont son rez-de-chaussée surélevé originellement de 2 mètres au-dessus du niveau de l’eau.
Elle n’est que de quelques dizaines d’années antérieure à la tour de Boissemont de Saint-Géry, élevée après 1250

11. Le Moulin d’Alvaux (Nil-Pierreux)

Le bâtiment de l’ancien moulin à grains d’Alvaux, sur l’Orne, date de la deuxième moitié du 19e s. Il compte quatre niveaux et demi sous une toiture d’ardoise. Construit par Ferdinand Demanet, époux de Ferdinande Ippersiel, propriétaire de la ferme située de l’autre côté du bief (première moitié du 19e s.) et comprenant déjà un moulin, il est resté dans la descendance du couple jusqu’au début des années 1960. Le moulin avait tourné jusque dans les années 1950.

12. La Colline de Penuel (Mont-Saint-Guibert)

La Colline de Penuel – d’un nom de localité dans la Bible – est un lieu d’accueil et de recueillement destiné à des personnes seules ou à des groupes, créé en 1982 et géré par plusieurs familles catholiques vivant sur place.
La chapelle présente trois vitraux de Bernard Tirtiaux (1992). Le plus grand représente le combat de Jacob avec l’ange, se référant au nom donné au lieu. Les deux autres représentent Élie et Jean-Baptiste.

13. La Villa Bauer

La « villa Bauer » a le type d’une belle habitation de la deuxième moitié du 19e s., mais la bâtisse est déjà cartographiée vers 1830, voire 1778. Elle tire son nom et son cachet de ses acheteurs bruxellois de 1900 environ, qui ont souhaité donner à leur maison de campagne le style « chalet pittoresque » de leur Bavière d’origine. D’où les balcons de bois, logette, balustres plats moulurés, corniche en bois festonné, lucarnes et clocheton. Au final, cette fantaisie ne manque pas d’allure.
La maison voisine (à gauche), datant de la deuxième moitié du 19e s. mais élevée sur une base plus ancienne, présente les volume et plan classiques des demeures de notables villageois, comme ceux de la villa Bauer : cinq travées sur des caves, deux niveaux et des annexes. Mais sans ornementation ajoutée.

14. L’Arbre de Blanmont

L’arbre de Blanmont était un tilleul gigantesque déjà cartographié sous ce nom en 1771-1778. Il l’était encore en 1850. Dans les deux cas, il figurait comme repère dans le paysage, grâce à sa situation au point culminant de Blanmont, à une altitude de 152 m.
Disparu à une époque indéterminée, il est remplacé aujourd’hui par un bouquet de tilleuls rapprochés, situé aujourd’hui approximativement au même endroit que le tilleul de jadis, au bout de la rue du Cimetière.


 

Rencontre avec Agnès Hamande-Glibert, de Blanmont, une femme engagée et très investie dans son village

1. Bonjour, quel a été ton parcours avant et après ton installation à Blanmont ?

Je suis originaire de Blanmont, que j’ai juste quitté en 2000 après mon mariage. J’y suis revenue en 2003, pas loin de la maison familiale. Propriétaire d’un terrain, le choix ne fut pas difficile. J’y ai amené mon citadin de mari !
Enfant, j’ai fréquenté l’école du village et participé avec mes parents à la vie associative (paroisse, école, Ligue des Familles,..). J’ai donc vu ce village grandir et j’ai vu disparaître les épiceries et les cafés et pas mal de prairies ! Mais il est nécessaire que les jeunes se logent, moi la première en son temps ! Le mélange de générations dans un quartier est important.

Il reste heureusement une boulangerie, ainsi que l’école, qui a accueilli et accueille encore nos enfants. Il est assez émouvant d’y retrouver une amie d’enfance comme institutrice et d’autres connaissances qui ont participé à l’épanouissement de mes enfants.

J’ai été bénévole dans le comité de parents, la section locale de la Ligue des familles et je fais partie de la (trop) petite équipe qui gère la salle Patria (salle paroissiale, qui accueille des mouvements de jeunesse et de nombreuses réunions locales et familiales) et depuis peu j’assure quelques permanences à la bibliothèque de Blanmont, en appui d’une équipe de bénévoles qui pourrait encore s’agrandir.

2. Quels sont les aspects positifs et négatifs de la vie à Blanmont que tu souhaites mettre en évidence ? Les principaux problèmes quand on est femme, épouse, maman, travailleuse ? Particulièrement en ces moments de crise sanitaire.

En tant que travailleuse, tout en n’étant pas très loin de mon travail, je dois prendre la voiture, car l’offre de train le week-end n’est pas adaptée (je travaille la nuit et le week-end). Mais je n’ai que 15 minutes à parcourir en voiture.

En tant que maman, j’ai la chance d’avoir une école à proximité. Pour les études secondaires, nos ados prennent le train, de même que pour la majorité de leurs autres déplacements, sauf le week-end (où l’offre de trains est fort réduite). Mais la liaison vers Chastre à vélo, pour aller au club de judo, n’est pas très sécurisée s’ils prennent la route Provinciale et les petits chemins/sentiers ne sont pas tous très praticables pour des vélos de ville.

Nous avons aussi la chance d’avoir une unité scoute où nos enfants sont inscrits.
La présence d’une bibliothèque bien achalandée permet de s’évader dans la lecture. L’équipe de bénévoles pourrait s’agrandir, c’est notre souhait. Mon mari y est déjà impliqué depuis plus de 10 ans.

En ce temps de confinement, toutes les courses essentielles peuvent être faites dans un rayon de 5 km maximum. Je regrette parfois l’absence d’un petit magasin de village, mais cela n’est probablement pas viable.

Avec une poussette ou pour les personnes à mobilité réduite, les promenades ou les déplacements vers l’école, la gare et les commerces ne sont pas toujours aisés vu l’état des trottoirs. La vitesse de certains automobilistes et l’augmentation du trafic routier est souvent un frein au déplacement à vélo et à pied. Heureusement il y a encore quelques sentiers !

Le village devient un village dortoir, peut-être qu’un lieu de rassemblement et d’échanges serait la solution au manque de liens sociaux. La salle Patria pourrait accueillir les réunions d’habitants en semaine et le dimanche après-midi, et aussi pour des réunions. Il nous faudrait pour cela une aide financière, mais il nous manque surtout des bénévoles pour une aide régulière mais aussi ponctuelle.

La locale de la Ligue des Familles de Chastre organise les petits-déjeuners Oxfam et le prix Versele (prix du livre pour la jeunesse, avec la collaboration des enfants des écoles communales). Elle pourrait participer à d’autres projets si nous avions des personnes intéressées pour nous rejoindre.

Je souhaiterais que l’ancien sanatorium “Les Molignats” accueillant actuellement l’Asbl “Les Renardeaux” (chemin des Fraises) soit en partie ouvert au public. La propriété qui inclut, entre autres, une ancienne carrière est un havre de paix, avec une faune et une flore impressionnantes.

3. Quelles sont tes attentes par rapport à la commune de Chastre, aux Chastroises et Chastrois ? Dans quel sens aimerais-tu voir la commune évoluer ? Quelles solutions proposerais-tu aux problèmes éventuels évoqués plus haut ?

Je souhaite que notre commune évolue dans le sens de la solidarité entre villageois, que l’expansion immobilière soit raisonnée, que nous puissions circuler en toute sécurité tant à pied qu’à vélo.
Je souhaite aussi que nos écoles de village soient valorisées et attractives. L’école parfaite n’existe pas, car les enfants, les parents et les enseignants parfaits n’existent pas. Un enseignement basé davantage sur l’ouverture au monde que sur les performances est possible, pour que nos enfants soient acteurs dans la société.

Des partenariats public/privé devraient voir le jour pour enrichir, embellir notre village et pour proposer un lieu de rassemblement et de rencontre pour toutes et tous.

Merci Agnès


 

 

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