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Rédaction: Andrée Debauche, Diane Decamps et Claude Davister – Michel Flahaut (CHERCHA)

Une promenade par semaine

Dans le numéro 46 de la Feuille de Chou vert, nous invitions les Chastroises et les Chastrois à découvrir leurs 7 villages pendant l’été 2020, un été où nous aurons sans doute le temps de nous pencher sur notre patrimoine naturel, historique, humain, agricole et gastronomique.

Interview sur CanalZoom (juillet 2020),  → ici

PROMENADE À LA DÉCOUVERTE DE SAINT-GÉRY ET DE GENTINNES ou PROMENADE DU MÉMORIAL ou PROMENADE DES GRANDES FERMES

Nous vous proposons la cinquième balade de l’été dès ce 2 août, consacrée à Gentinnes et Saint-Géry (y compris le Mémorial Congolo) . Un plan, une description de l’itinéraire et divers points d’attention vous sont proposés, au rythme de votre périple à pied ou à vélo. Etant donné les circonstances sanitaires, nous présentons ces itinéraires comme des circuits à parcourir seul.e ou en famille, ou avec des amis. Dès que ce sera possible, des guides pourront emmener des groupes, patience !
Dès à présent, ces promenades vous appartiennent, vous pouvez vous les approprier comme bon vous semble, les diviser en plusieurs parties, les enchaîner, « zapper » un endroit qui vous intéresse moins ou adapter le circuit à vos possibilités.

Télécharger l’itinéraire N° 5 commenté avec points d’attention, ici : → pdf

( 9 pages, avec photos, explications historiques (CHERCHA) )

Télécharger le tracé itinéraire N°5 uniquement (jpg) : → ici

Les numéros indiquent des repères de la promenade et renvoient aux points d’intérêt décrits.


Disponibles également: les promenades du mois de juillet:

Itinéraire promenade N°4 : Villeroux : lien → PDF
( Itinéraire promenade N°3 : Cortil : lien PDF )
( Itinéraire promenade N°2 : Noirmont : lien PDF )
( Itinéraire promenade N°1 : Chastre-Village : lien PDF )

Page de présentation générale7 Promenades à la découverte des 7 villages de Chastre – été 2020

La plupart des itinéraires sont d’accès facile, mais certains tronçons en zones humides peuvent être plus compliqués pour des poussettes ou des vélos, notamment en fonction de la météo. De même, certains sentiers peuvent s’avérer étroits pour l’accès aux PMR. Un écart par rapport à l’itinéraire décrit est toujours possible sans trop allonger la promenade.

Après votre promenade, prenez contact avec nous (*) pour nous dire ce que vous en pensez. Non seulement, cela nous fera plaisir, mais cela nous permettra de les améliorer, de corriger certains défauts ou d’y ajouter de nouveaux éléments. Toute critique formulée aimablement est également bienvenue !
Nous vous souhaitons beau temps, belle compagnie et bon vent pour ces promenades de l’été à la découverte du magnifique patrimoine de notre commune.

Andrée, Claude, Diane, Michel

(*)  info@chastre.ecolo.be , ou commentaire au bas de cette page


  • Parcours

    • Départ : église de Gentinnes, rue du Pont d’Arcole
    • Longueur :7,9 ou 11 km en fonction des boucles ajoutées
    • Difficulté : aucune   –    Variantes: voir “boucles”, plus bas
    • Stationnement : le parking de l’église offre un stationnement pour les voitures et les vélos.
    • Accès PMR : difficile étant donné l’alternance des chemins pavés, chemins de terre et chemins bétonnés. Il est toutefois possible de raccourcir le circuit en restant dans le centre du village, accessible aux PMR;

 

  • Points d’attention

    • 1. L’église de Gentinnes
    • 2. Les fonts baptismaux romans de l’église Sainte-Gertrude
    • 3. L’ancienne cure
    • 4. L’ancien château de Gentinnes
    • 5. Le Mémorial Kongolo
    • 6. La chapelle de l’Ermitage
    • 7. Les anciennes écoles de Gentinnes
    • 8. La ferme de Géronvillers (Gentinnes)
    • 9. La chapelle Saint-Donat
    • 10. La chapelle Saint-Antoine

 

  • Interview de Madame Anne Braibant, agricultrice et responsable du magasin de la Ferme du Patriote à Gentinnes


À LA DÉCOUVERTE DE GENTINNES et SAINT-GERY

Les numéros indiquent des repères de la promenade et renvoient aux points d’intérêt décrits.

LE PARCOURS

 

Partir de l’église Sainte-Gertrude de Gentinnes (1) située sur une jolie place ombragée. À proximité immédiate, l’ancienne cure très bien rénovée a gardé son caractère (2). Faire le tour de l’église et jeter un coup d’œil aux rares monuments funéraires qui subsistent dans l’ancien cimetière, dont celui – imposant – d’un ancien bourgmestre, Antoine Minet (1798-1865).
L’église vaut la peine d’être visitée pour ses célèbres fonts baptismaux romans (3). Elle n’est pas ouverte en permanence.

Pour la BOUCLE n°1 proposée à partir de l’église, lire plus loin.

 

StGéry-Gentinnes_01

Église Sainte-Gertrude de Gentinnes et ancien presbytère

Dos à l’église, prendre la drève de peupliers qui s’ouvre devant soi vers le domaine de l’ancien château de Gentinnes. Le lieu est à la fois un point d’intérêt historique, paysager et riche en biodiversité : zones humides, étangs et ruisseaux.
Passer devant le domaine et observer les bâtiments à droite, formés de l’ancien château et de multiples ajouts, aujourd’hui couvent des Pères Spiritains (4).
Le bâtiment à gauche est une chapelle dite Mémorial Kongolo, érigée en mémoire des victimes des événements d’après 1960 au Congo (5).

Couvent Spiritains

Drève de peupliers vers l’ancien château de Gentinnes, ancien château (façade 18e, aile du 20e s. à droite) et Mémorial Kongolo

**

Contourner le domaine en prenant la route pavée à gauche en le quittant et se diriger vers le bois. Remarquable charmille le long de la Houssière. Au premier sentier à droite, monter vers la chapelle de l’Ermitage (6). La contourner et gagner l’allée centrale du bois.

 

Chapelle de l’Ermitage, 17e s.

Sortir du bois par la droite à l’intérieur de celui-ci et prendre à gauche la rue Charlemont, puis la première à droite, rue Prosper Bouffioux. Au bout, prendre à droite la rue des Golards, jusqu’à une ancienne école et maison communale (7), aujourd’hui convertie en logement et salle communale. Prendre à gauche le chemin juste avant la salle communale.

Anciennes écoles et maison communale de Gentinnes

Prendre à gauche le chemin étroit qui remonte, puis à droite jusqu’au bout du chemin en béton. De belles maisons passives en bois ont été récemment construites le long de ce chemin. Lorsqu’on accède à une fourche, tourner à gauche puis à droite, vers la rue Taille-Madame indiquée n°48, en passant le long d’une prairie clôturée pour des chevaux.

Descendre le chemin de terre vers la ferme du Bois (Sombreffe), tourner à droite, passer devant une chapelle abritée sous un magnifique hêtre pourpre, passer devant la ferme et remonter en traversant le bois et en passant par-dessus le ruisseau de la Houssière.

Chapelle de la ferme du Bois

Arrivé en haut de la rue, prendre à gauche, suivre quelque peu la route N 273 qui mène à Sombreffe, en passant par le petit hameau des Communes. À l’embranchement suivant, laisser la N 273 à sa gauche et poursuivre à droite par la rue des Communes en direction de Tilly. Un frêne séculaire s’épanouit plus loin à gauche. La rue des Communes nous amène (suivre l’indication Tilly-Mellery-Villers-la-Ville) à la ferme de Géronvillers (8), signalée par la jolie chapelle Saint-Donat (9) flanquée d’un superbe tilleul. La chapelle est malheureusement en très mauvais état. Laisser celle-ci sur la gauche et prendre à droite.

 

Pour la BOUCLE n°2, lire plus loin

 

Frêne de la rue des Communes. Chapelle Saint-Donat à Géronvillers

Prendre le chemin en pavés qui longe la haie de la ferme, on contourne celle-ci, puis, aller tout droit et admirer le panorama. On arrive à une fourche, au milieu de laquelle s’épanouissent trois (futurs) arbres remarquables plantés par Chastre-Biodiversité. Ici encore, cultures maraîchères industrielles (petits pois) et avoine. Quelques cultures de miscanthus également, plante à vocation énergétique.

 

Arbres plantés par Chastre-Biodiversité et champ d’avoine

Prendre le chemin en béton à droite, longer un alignement de jeunes arbres plantés par Chastre-Biodiversité. Au bout du chemin, on arrive rue des Maïeurs, avec sa « Petite École » fondamentale libre dont le bâtiment le plus ancien date de 1893. Au carrefour – la place de Gentinnes –, tourner à droite et rejoindre l’église.
Pour la BOUCLE n°3, lire ci-dessous

BOUCLE n° 1

Au bout de la rue Pont d’Arcole après l’église, prendre à droite dans la rue de Mellery puis à gauche un sentier qui mène à la fontaine Saint-Géry et au bois communal du même nom. Un dépliant ancien disponible au Syndicat d’initiative décrit une belle « promenade de la fontaine Saint-Géry ».

BOUCLE n° 2

Arrivé au Dog’s Land et au bout de la rue des Communes, tourner à droite (attention, la route en S est dangereuse), puis prendre le chemin de béton sur la gauche, passer devant la curieuse chapelle Saint-Antoine (10) et remonter vers le village. Tourner à droite vers la rue des Maïeurs.

BOUCLE n°3

En fin de parcours, au lieu de bifurquer vers la droite et prendre le chemin en béton, prendre la rue du Cimetière, et à gauche, avant le carrefour, le chemin pavé. L’emprunter, passer devant l’ancienne ferme du Moulin-à-Vent – point culminant de Gentinnes – et une rangée de peupliers, suivre le chemin de terre qui ramène à la rue de Mellery, juste en face du champ de culture de la ferme du Patriote. Puis prendre à droite, revenir sur Gentinnes, en passant devant la ferme de la Grande Bierwart. Admirer le panorama vers le moulin Dussart et la ferme. Au carrefour, après l’école de la Communauté Wallonie-Bruxelles, tourner à gauche pour reprendre la rue Pont d’Arcole et revenir à l’église.
La ferme du Patriote, la Grande Bierwart et le moulin Dussart sont évoqués dans la promenade de Villeroux

POINTS D’ATTENTION

1. L’église de Gentinnes

Un diplôme de 1187 par lequel l’archidiacre de l’église Saint-Lambert à Liège approuve la donation de l’église de Gentinnes à l’abbaye de Bonne-Espérance, en Hainaut, est la première trace documentée de l’église. Plusieurs bâtisses se succéderont au même lieu.
En 1863, le plan de la reconstruction partielle de l’église est approuvé par la Commission royale d’art et d’archéologie. L’architecte provincial Émile Coulon a conservé la tour de 1784 et ses annexes et a dessiné les agrandissements de l’église dans le style néoclassique. Le chevet gothique disparaît.
L’église doit pouvoir réunir 750 personnes, selon la très ferme volonté du bourgmestre et en dépit du très vif désir du curé de garder son église en l’état. La reconstruction se terminera en 1865. Le bourgmestre meurt la même année. Le curé avait déjà démissionné en 1863. Conflit épique. Personne n’est gagnant.
En 2018, un grand vitrail créé par Bernadette Bihin, financé par un mécénat privé et d’entreprise, est placé dans le chœur de l’église. Il représente la réconciliation, c’est-à-dire la concorde, l’entente, la paix.

2. Les fonts baptismaux romans de l’église Sainte-Gertrude

Les fonts baptismaux de l’église Sainte-Gertrude à Gentinnes ont leur place dans l’histoire de la statuaire romane au niveau européen.
Ils sont datés du 12e s. En pierre de Meuse, ils possèdent une ornementation sculptée dans la masse représentant une scène et des motifs champêtres symboliques ainsi que les représentations – également symboliques – des quatre évangélistes : le lion (Marc), l’Homme (Mathieu), le taureau (Luc) et l’aigle (Jean).

3. L’ancienne cure

Projet du presbytère de Gentinnes dessiné par Émile Coulon en 1869. (Source : Liège, Centre d’Archives et de Documentation de la CRMSF, fonds de la CRMSF – dossier Chastre 1.6.)
La saga de la construction d’un nouveau presbytère à Gentinnes est à l’inverse de celle de l’église. Le curé le veut, le conseil communal n’en veut pas.
Demandé en 1857 pour remplacer une bâtisse du 18e s., le presbytère sera finalement construit en 1869, d’après les plans de l’architecte provincial Émile Coulon, également auteur des plans de la nouvelle église en 1863.
Le presbytère du 18e s. se signalait par une tour-porche majestueuse. Le nouveau presbytère, devenu une résidence privée depuis 2017 et magnifiquement restauré, répondra aux désirs de la Commission royale d’art et d’archéologie, qui soulignait (1862) : les auteurs [de projet] sont notamment invités à ne pas perdre de vue qu’il importe de donner aux presbytères un caractère spécial qui ne permette pas de les confondre avec les habitations particulières.
C’était réussi, dans un style soigné et attrayant.

4. L’ancien château de Gentinnes

L’ancien château de Gentinnes, dans son état actuel, a connu plusieurs phases de construction du 17e au 20e siècle.
La première est son édification vers 1648. Il remplace alors une bâtisse moyenâgeuse. Il n’en reste presque plus de traces extérieures. La seconde est sa transformation radicale au 18e s., avec à sa gauche un long prolongement surmonté d’un fronton. Enfin, le rachat du château en 1903 par les Pères du Saint-Esprit expulsés de France a entraîné la réalisation d’ajouts importants : la plus grande partie de l’aile perpendiculaire à la façade et le prolongement de l’aile gauche de l’ancien château.
Les Pères créeront une école apostolique française (1903-1919), puis belge (1919-1945), un collège (1945-1969) – nombre de Chastrois y ont été élèves – et un centre d’animation spirituelle et missionnaire (depuis 1969).
L’ancien château est souvent dénommé « Mémorial Kongolo » par une sorte d’extension de sens de cette chapelle-mémorial de 1967.

5. Le Mémorial Kongolo

Le Mémorial Kongolo est une grande chapelle moderne en béton et brique enduite de blanc réalisée en 1967 par l’architecte gembloutois Charles Jeandrain.
Elle commémore le massacre de vingt missionnaires belges spiritains assassinés en 1962 à Kongolo, dans l’actuelle province du Tanganika en République démocratique du Congo, mais rappelle plus globalement la mémoire de 225 personnes tuées lors des troubles du début des années 1960 au Congo, sans distinction de nationalité ou de croyance.
Trois œuvres sculpturales du Belge Raf Mailleux y sont notamment à découvrir, dont la représentation d’un missionnaire, à l’extérieur de la chapelle, ainsi que les vitraux abstraits du Nantais Yves Dehais.

6. La chapelle de l’Ermitage

La chapelle de l’Ermitage est un petit chef d’œuvre d’élégance de l’architecture religieuse rurale du 17e siècle. Destinée à un ermite qui serait maître d’école, école dont la création avait été demandée par l’évêque de Namur à Jeanne de Nobili, dame de Gentinnes, elle a survécu à la disparition des ermitages commandée par Joseph II, empereur d’Autriche en 1783. Propriété du CPAS de Chastre, la chapelle a été remise à neuf par la jeune association « Les Amis de la chapelle de l’Ermitage » en 2018-2019.

7. Les anciennes écoles de Gentinnes

Les anciennes écoles de Gentinnes, construites en 1864, sont aussi – comme à peu près partout à cette époque – maison communale. Une dalle rappelle le nom de l’initiateur du projet : « A. J. MINET / BOURGMESTRE / 1864 ». Antoine Joseph Minet (Géronvillers, 1798-1865), déjà conseiller communal avant 1830, avait été bourgmestre de Gentinnes de 1848 à sa mort.
Devant l’école, un rare monument commémoratif en ciment armé, représentant le bien triomphant du mal via la symbolique religieuse de saint Michel terrassant le dragon avec sa lance (absente). Il est dédié aux Gentinnois morts pour la Belgique pendant ou juste après 1914-1918. L’ensemble du monument, et surtout la sculpture, n’est pas en bon état.

8. La ferme de Géronvillers (Gentinnes)

La ferme de Géronvillers – vendue comme bien national après 1795 – a été fondée dans la première moitié du 13e s. pour le compte de l’abbaye de Villers. L’imposant quadrilatère actuel date des 17e (« 1660 », porche ; 17e s. également pour le bâtiment de deux niveaux, coiffé d’un toit pyramidal à gauche du porche), 18e (« 1789 » pour l’énorme grange), 19e (corps de logis) et 20e s. (remaniements).
L’arc cintré du porche de la ferme porte à la clé les armoiries (parlantes) de Bernard van der Hecken, abbé de Villers de 1653 à 1666. Elles représentent une barrière de prairie accompagnée d’une étoile. Le millésime 1660 renvoie à un temps (1651) où l’abbaye de Villers et ses fermes avaient subi des dommages importants de la part des armées de Louis XIV et où des reconstructions avaient dû avoir lieu. C’est peut-être le cas pour cette ferme.

9. La chapelle Saint-Donat

La chapelle Saint-Donat est une sobre construction de la fin du 18e siècle, classiquement abritée sous un tilleul, rescapé d’un groupe de trois. Elle est en brique avec un soubassement de moellons. Elle a été rénovée en 1992. Saint Donat est invoqué contre les méfaits des orages.

10. La chapelle Saint-Antoine

Le pignon très aigu de la chapelle Saint-Antoine lui donne une allure très originale. Datant d’avant 1840, elle a porté le nom de chapelle du Comte, sans doute par référence aux comtes de Limminghe, propriétaires du château de Gentinnes et de la terre contigüe à l’espace de la chapelle.
Entièrement restaurée par des volontaires en 1996, elle a été vandalisée depuis. En particulier, les descentes d’eau ont disparu, ainsi que – c’est irrémédiable – les deux lourds vases ornementaux en pierre de style Empire qui encadraient le pignon à hauteur du toit.

Les deux vases ornementaux en 1996, disparus

 


Interview de Madame Anne Braibant, agricultrice et responsable du magasin de la Ferme du Patriote à Gentinnes

Les organisateurs des promenades à la découverte des villages de Chastre remercient Madame Braibant pour sa disponibilité et sa collaboration.

Quel a été votre parcours à Gentinnes depuis votre installation à la Ferme du Patriote ?

Madame Braibant et sa famille ont repris en 1980 une ferme en carré de type brabançon, la Ferme du Patriote, rue de Mellery à Gentinnes, à la sortie du village. Ils ont tout d’abord centré leurs activités sur l’élevage de Blanc Bleu Belge, combiné à des cultures classiques (betteraves, blé, maïs…). En 2011, leur fils Benjamin reprend l’entreprise agricole et se tourne vers l’élevage de Parthenaises, une race plus rustique qui demande moins d’intervention humaine (vêlage naturel, veau au pis, moins de soins vétérinaires…). En 2016, une première parcelle est convertie en agriculture biologique, plus spécifiquement en maraîchage. Dès 2019, les légumes produits sont certifiés bio. L’histoire se poursuit avec la création d’un magasin à la ferme fin 2016, pour écouler les produits de la ferme ainsi que ceux de producteurs de la région. C’est Anne Braibant qui gère le magasin et depuis la crise sanitaire, les commandes et leur enlèvement.

Vivre à Gentinnes en 2020 pour une agricultrice, qu’est-ce que cela représente ? Quelles sont les beaux côtés et les difficultés de votre profession, notamment en ces moments de crise sanitaire ?

L’année 2020 est très particulière, du fait de la crise sanitaire. Elle n’a pas changé notre programme habituel ni notre production, mais bien le travail au magasin et la vente. Nous avions des clients fidèles et des horaires bien installés, mais il a fallu tout bousculer du fait de l’arrivée de nouveaux clients, des précautions sanitaires à prendre et du changement de mode de vente, sur commande et avec paiement électronique à l’enlèvement de la commande. Les nouveaux clients sont des personnes inquiètes quant à leur approvisionnement, qui avaient peur de files dans les grandes surfaces. Elles ont réduit leurs contacts au maximum et se sentent plus rassurées par un contact dans un magasin à la ferme. C’étaient aussi des personnes en télétravail qui profitaient de leurs courses chez nous pour faire une sortie en famille, à pied ou à vélo. Nous leur avons fait découvrir autre chose.

Dès fin juin, nous avons heureusement pu laisser nos clients faire leurs achats en libre-   service, en installant une tonnelle dans la cour et en faisant respecter les règles sanitaires demandées (désinfection des mains, sens des achats, un seul client dans le magasin …), ce qui a allégé notre travail et permis à la clientèle de choisir sa marchandise elle-même. Nos heures d’ouverture et notre manière de produire n’étaient toutefois plus toujours compatibles avec les nouveaux horaires des clients dont le nombre a diminué depuis. Pour moi, la crise du Covid signifie aussi des horaires plus lourds, des risques sanitaires étant donné mon âge, et des difficultés de trouver de l’aide vu que mon magasin n’est pas très grand et ne permet pas à plusieurs personnes d’y préparer des commandes.

Quels sont vos espoirs et vos attentes par rapport aux Chastroises et Chastrois, ainsi que par rapport à la commune de Chastre ? Comment aimeriez-vous que Chastre évolue à l’avenir ?

Nous espérons que le commerce local soit soutenu par les habitant.e.s et aussi par les pouvoirs locaux. Nous espérons pouvoir obtenir le nouveau label qui sera attribué aux produits chastrois. Dès aujourd’hui, nous essayons de participer à des événements locaux pour faire connaître nos produits, comme la brocante de Gentinnes, par exemple. Pour rappel, nous pouvons fournir du beurre, des yaourts et laitages, des glaces, des fromages, de la charcuterie labellisée PQA (porc Qualité Ardenne) et Porc sur Paille, des bières locales et régionales.



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